HISTOIRE DE LA MARQUETERIE DE PAILLE


La petite histoire de la marqueterie de paille commence au XVIIème siècle. L’âge d’or de cet art se situe au XVIIIème siècle, époque au raffinement extrême dont l’un des maîtres fut Carl Hinrich Hering, de Lübeck. L’extérieur du fétu est constitué d’une couche de silice qui le rend imperméable et imputrescible mais est surtout très brillant. Carl Hinrich allait jouer avec la lumière et les couleurs (paille teinté aux piments) en positionnant d’un soin extrême le sens des fibres afin de canaliser la lumière et en tirer ses plus beaux effets.
La marqueterie de paille venait de naître, déclinant ses chefs-d’oeuvre sur toutes sortes de supports : boîtes à ouvrage, coffrets, tabatières, étuis à soie ou à lunettes, tableaux, miroirs, éventails, meubles et tant d’autres.
De leur côté les religieuses reproduisent des motifs inspirés de la broderie. On y retrouve toutes les façons possibles, du point de croix au point de Hongrie, d’une finesse inouïe, notamment sur des aumônières et des vêtements sacerdotaux, chasubles, étole etc.
La région du Puy en Velay dont le chef de file fut Georges-Roland Morel s’était spécialisée dans la production de décors en paille gaufrée, qui témoigne de l’habilité des graveurs qui préparaient les moules en corne.
Au XIXème siècle, la production la plus connue provient des bagnes qui trouvaient dans la réalisation d’objets divers le moyen d’améliorer leurs tristes conditions d’existence.
Le second empire assistera au déclin de la marqueterie de paille.
Au XXème siècle, des années vingt émergèrent alors deux décorateurs parisien, André Groult et Jean-Michel Frank, qui réinventèrent le travail de la paille, cet « or du pauvre » ornant des meubles de somptueux décor plutôt figuratifs pour Groult, et géométriques, le fameux décor soleil ou éventail, aux effets saisissants, pour Frank, allant jusqu’à recouvrir entièrement des murs.
Aujourd’hui la petite-fille d’André Groult, Lison de Caunes, Maître d’art, retrouve les gestes des artistes d’autrefois, mais les conjuguant suivant notre époque.
Son toucher et sa brillance inimitables, ses effets visuels infinis en fond un merveilleux matériau, que ces passeurs de mémoire confirment la pérennité d’un art encore trop peu connu, la marqueterie de paille de seigle, dont les chatoyants effets n’ont pas fini de nous enchanter.


Cet art doit continuer à vivre.

A la demande de Laetitia Cheveux, professeure du niveau CM1 de l’école Jean Moulin à Miramont de Guyenne, L’Association Passion et Patience a réalisé un projet pédagogique pour la Fête des Mères.

Il s’agissait de faire réaliser une carte avec un cœur en cannage contenant un poème aux 20 élèves de la classe, répartis en ateliers par groupes de 5.

 

Nous avons mis 5 heures (1 fois 3 heures et 1 fois 2 heures) pour finaliser tout le travail. Les enfants ont été très intéressés par l’histoire de la paille, ils ont posé beaucoup de questions et le travail en lui-même les a passionnés. Avec leurs petits doigts agiles, ils ont fait merveille !

 

Les enfants, ne pouvant pas se servir de cutter, nous avons procédé en premier lieu à la réalisation d’environ 600 lames de paille d’une douzaine de couleurs différentes de 5 mm de largeur et de 100 mm de longueur.

La première tâche a consisté à choisir les couleurs. Il en fallait au minimum 2 différentes, mais ils pouvaient en choisir beaucoup plus. Ensuite, il fallait joindre surtout sans espace les 17 lames dans le sens de la longueur. Une fois ce travail terminé, ils ont procédé à l’enfilage lame par lame une fois sur deux dans le sens de la largeur et, inversement, avec la lame suivante. Ce travail terminé, nous avons procédé au serrage du travail. Ensuite, nous sommes venus coller le cœur prédécoupé à l’envers du cannage, nous avons laissé sécher, le découpage du cœur a été fait par nos soins car le papier ainsi que le cannage rendaient la découpe difficile.

Enfin, le cœur a été disposé sur la carte selon les directives de l’élève. A l’intérieur, Laetitia a collé le poème.

Deux semaines plus tard, Laetitia nous a recontactés pour la Fête des Pères à la demande de ses élèves.

Pour ce projet, il a été question de faire un sous-verre de 8.5 cm de diamètre.

La découpe de l’assise en bois de 8.5 cm de diamètre et 3 mm d’épaisseur, qui devait être ensuite recouverte du cannage, a été réalisée par notre atelier.

Ce travail a nécessité la réalisation de 800 lames d’une douzaine de couleurs différentes de 5 mm de largeur et de 120 mm de long. Le travail étant le même que pour les cœurs, les enfants n’ont eu aucun mal à l’effectuer. S’ils avaient aimé la finalité du cœur, le rendu de ce nouveau cadeau les a émerveillés. Nous avons réalisé une finition avec un petit liseré noir à  paillettes et à l’envers, les enfants ont pu inscrire « Bonne fête papa » ou un petit mot de leur cru.

Le même temps nous a été nécessaire pour la réalisation de ce projet.

Nous avons passé un merveilleux moment avec ces enfants. Cet atelier a été plein de richesses des deux côtés et qui sait, peut-être avons-nous fait de futurs émules ?

Nous remercions Laetitia de nous avoir contactés. Pour nous, cela n’a été que du plaisir et  nous espérons pouvoir renouveler cette expérience dans d’autres écoles l’année prochaine.

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